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Nos villes, d’un cœur brûlant.

Nos villes d'in coeur brülants (image)Un ouvrage du Père Christian Herwatz  sj

Numéro des Éditions Vie Chrétienne paru en Juillet 2015

Les Exercices spirituels, initiés par saint Ignace de Loyola, sont généralement pratiqués lors d’une retraite, à l’écart du cadre de vie habituel.
Le jésuite allemand Christian Herwartz a eu l’intuition originale qu’ils pouvaient également se vivre au cœur du monde, et en particulier, dans les rues de nos villes, pour peu que l’on tienne son regard et son esprit disponibles pour recevoir les signes de la présence de Dieu.
Il arrive alors que, tel Moïse au Buisson ardent, le retraitant découvre dans ces artères urbaines une Terre Sainte inattendue.
C’est cette expérience que retrace cet ouvrage polyphonique. Le Père Christian Herwartz sj et le frère Yves Stoesel sj y exposent les fondements, la méthode. Leur voix est rejointe par celles de pèlerins de la rue, en France, en Allemagne, au Brésil…, qui témoignent de la fécondité des Exercices spirituels dans la rue.

Nombre de pages : 144
Prix unitaire : 12.50 € TTC                       Pour l’acheter >>

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Mehdi Lmoual Ils ont fait le trottoir!

Dans le courant du mois de juillet, le P Stany Simon s.j. et quelques Compagnons jésuites ont vécu leur retraite annuelle dans la rue en plein Bruxelles ! … Récit d ‘une expérience trés particuliére.

Pére Stany, d’où vous est venue cette idée plutôt surprenante?

C’est le P. Marcel Remon, lors de la réunion ä Amsterdam des ‘Jesuites européens en milieux populaires’, qui avait entendu un confrére allemand, Christian Herwartz, parler de cette expérience nouvelle, tentée depuis peu dans des villes comme Berlin, Francfort, Bäle, etc. Tout de suite, il s’est dit que cette démarche pouvait répondre á son désir de vivre les Exercices spirituels avec le Christ pauvre et humi1ié, parmi les paumés de la vie et les laissés pour compte de la société.

Et vous-méme, comment vous êtes-vous trouvé partie prenante de la démarche?

C’est bien simple. Christian Herwartz était disponible pour animer ces huit jours, de même que Jacques Enjalbert, unjeune Jésuite francais, et par ailleurs la Communauté Avec mettait trois locaux á la disposition des retraitants. Marcel a donc proposé la démarche á plusieurs de ses confréres. Beaucoup se sont montrés intéressés, mais cinq seulement étaient encore libres – ou libérables – á la periode proposée: Christophe, Etienne, Jean, Marcel et moi.

Cinq ! N’est-ce pas négligeable?

En fait, avec les deux accompagnateurs, cela donne sept. . .un nombre idéal, qui nous a permis ä chacun d’aller librement notre chemin, d’écouter chaque soir le réit de la journée de nos autres Compagnons, de nous répartir la prise en charge, á tour de rôle, de la priére du matin, de l’Eucharistie quotidienne, des emplettes et de la préparation des repas du soir…

Comment s ‘est éiroulée votre semaine?

Christian et Jacques nous ont fait démarrer d’un seul texte de la Bible: l’expérience de Moise au buisson ardent, qui nous invite á « déposer nos sandales ». Symboliquemcnt, cela signific qu’il y a beaucoup de choses á laisser tomber pour aller librement á la rencontrc de Dieu et des autres. Ils nous ont ensuite encouragés á partir « á la recherche de ce lieu sacr~é oú Dieu va nous révéler Son Nom, comme á Moise »; enfin á découvrir « ce peuple dont Dieu a entendu les cris et vers lequel il nous envoie ». A partir de lá, lés parcours, les lieux, les rencontres furent multiples et divers. Quelquefois nos routes se croisérent ou se partagérent, fût-ce pour nous soutenir et nous réconforter. Mais aprés quelques jours, chacun avait ‘son’ lieu, oü il fit des rencontres surprenantes.

Mais qu ‘est-ce quifavorise ees rencontres? Racontez-nous.

La quête d’un ‘lieu’ peut prendre du temps. Moi, par exemple, ca m’a pris quatre jours. Etienne, lui, l’a trouvé d’emb1ée! Les ‘rencontres’ surviennent si tu demeures durablement en ton lieu ou si tu es fidéle á 1’itinéraire qui finit par s’imposer á toi. Pourquoi Marcel, aprés avoir tenté – en vain – d’entrer en contact avec les réugiés refou1és du 127 bis (Zaventem), a-t-il vu son itinéraire sinueux dans la ville le mener successivement au monument á la mémoire des martyrs juifs, puis á une petite mosquée de Molenbeek, oú des Guinéens sans papiers l’avaient invité á venir prier, en passant par l’ég1ise du Béguinage occupée naguére par des ‘sans papiers’?

Pourquoi Christophe, qui passait toute ses journées le plus souvent seul devant le ‘Petit Château’ (Centre d’accueil des demandeurs d’asile), adossé au mur d’une enceinte qu’il ne pouvait franchir, a-t-il fini par parler longuement de Dieu avec des musulmans ? « Comment, nous disait-il, ne pas se remémorer la rencontre entre Jesus et la Samaritaine lorsque l’un d’eux, avec qui j’avais partagé ma gourde, m’eut dit: ‘Donne-moi encore un peu de ton eau’
Pourquoi Jean, qui avait choisi de demeurer sur Ie même banc, huit jours durant, entre la Rue Haute et la Rue Blaes, au coeur des Marolles, a-t-il été touché par ce mot d’enfant: « Toi, t’as pas de maison. T’es toujours sur ton banc»?
Pourquoi Etienne était-il spontanément allé rejoindre les SDF du centre-ville, au point de se voir invité, aprés quelques jours d’apprivoisement, â faire la manche tout comme eux, recevant sa part de la quête en fin de journée?
Pourquoi Michéle tel jour, Fatima tel autre, sont-elles venues me rejoindre sur le banc que j ‘avais fini par choisir comme «mon lieu »‚ pour me parler l’une comme l’autre de leur vie, deux heures durant, alors qu’elles ne connaissaient au départ ni mon nom ni mon statut de prêtre?
Notre dernier aprés-midi, nous l’avons passé en compagnie de la petite équipe du ‘Poverello ‚ de la rue Verte. Et nous l’avons quittée avec un sentiment d’admiration, parce que ce que nous avons tenté de vivre pendant une semaine, elle le vit quotidiennement, accueihlant sans exclusive le ‘taut venant’.

Propos recueillis par Mehdi Lmoual
ECHOS de la Compagnie de Jesus,
Septembre/Octobre 2003

Kirsten Dietrich interroge Christian Herwartz

Kirsten Dietrich interroge Christian Herwartz à l’occasion de Noël 2004 sur les ondes de RBB Radio Berlin-Brandenburg.

 

K.D Noël c’est le temps de l’abondance et du surplus. Ce qui brillait dans les vitrines des commerces ces dernières semaines se trouve maintenant bien emballé sous le sapin de Noël. Ou bien justement pas, car dans la république la pauvreté s’accroît, l’effective comme la ressentie, et ça ne peut pas passer inaperçu à Noël, car le surplus, le confort, les bons sentiments, la spiritualité, tout cela semble aller de pair à Noël.

J’ai pour invité celui qui habituellement cherche la chaleur, la spiritualité, ou peut-être simplement « Dieu » en des lieux où on ne le soupçonnerait normalement pas. Christian Herwartz, jésuite, prêtre, tourneur de profession a travaillé longtemps chez Siemens, et il vit depuis 25 ans dans une communauté à Kreuzberg, on pourrait dire négligée, dans un logement communautaire avec revendication particulière.

Père Herwartz, comment fête-t-on Noël dans une communauté qui se dédie à ceux qui sont au ban de la société ?

C.H. On ne sait pas comment ça va se passer. Je ne sais jamais comment je dois fêter Noël . On doit le voir quand on y est, car cette situation sociale décrite dans le générique empêche c´est vrai souvent de remarquer ce qu’est vraiment Noël.

K.D Qu’est-ce que cela signifie concrètement cette année ? Vous n’achetez rien du tout, pas de cadeaux, il n’y a pas de sapin de Noël ?

C.H. Non, un sapin de Noël on en a eu qu’une fois, lorsqu’une famille de réfugiés a habité chez nous.

Je vis avec des musulmans, des croyants et des non-croyants, cela serait plutôt dérangeant. Ce qui est important c’est que l’on puisse se regarder dans les yeux. Que l’on puisse manger ensemble, que l’on soit là où la misère est. Ça ne doit pas être forcément chez nous.

K.D Noël est-ce pour vous une fête ? Où vous apportez une plénitude avec de petits moyens, ou plutôt un temps où on se prive du superflu, superflu qui est justement lié à cette fête ?

C.H. Je sais peut-être plutôt mieux ce que ce n’est pas ; à savoir une fête des portes fermées. Ce n’est pas les portes fermées des auberges qui renvoyèrent Joseph et Marie jusque dans une étable, alors qu’elle était enceinte sur la route de Nazareth. Bien souvent je ressens la fête Noël comme celle d’une auberge qui n’a plus de place, plus de place pour les surprises. Dans notre milieu, je crois que Dieu peut seulement se remarquer dans ce qui dérange. Et donc, si je ne peux pas admettre quelque chose ou quelqu’un qui dérange pour Noël, alors je ne sais pas comment le fêter.

K.D Ça veut dire que chez vous tout le monde peut venir à Noël ?

C.H. Bien, nous ne sommes pas une institution qui fait portes ouvertes, nous sommes dans un appartement normal. Mais c’est clair que quelqu’un vient que je n’attendais pas alors Noël peut commencer.

K.D Quelle est la visite de Noël la plus surprenante dont vous vous souvenez ?

C.H. L’année dernière, l’après-midi je remarquai que quelqu’un qui vient très souvent n’était pas venu depuis deux jours, j’eus l’idée que cette personne pouvait être malade ! Je suis allé le chercher, et il était malade. J’ai dit : « il y a un repas prêt, veux-tu venir ? ». Il s’est levé et est venu. Mais en route quelque chose de décisif se produisit. Il m’a dit qu’il avait cinquante ans et qu’il souffrait de ne pas pouvoir les fêter par manque d’argent. Je lui ai dit « Quand est-ce ? Alors viens avec simplement au petit déjeuner et invite tes hôtes ». C’était un type que l’on virait de partout ! Et bien 50 personnes sont venues pour fêter son 50ème anniversaire. Voilà je pense que c’est être ouvert et prêter attention à ce qui se passe dans l’humanité. Ce n’est pas un concept abstrait qui est dit à l’église seulement, mais au contraire nous devons vivre cette humanité. Je vous demande qu’est-ce que cela signifie l’incarnation pour vous ?

K.D Qu’est-ce que cela signifie pour vous incarnation ?

C.H. Il y a le niveau que l’on vit les uns avec les autres, de ce que l’on fait, mais c’est pour moi le dernier, la conséquence. L’incarnation consiste pour moi à me laisser surprendre par ce qui se passe, que j’accepte ce cadeau, que ce que je vois, par exemple un petit enfant ou des gens qui font quelque chose qui me surprend. Mais là-dessous il y a le niveau de l’entrée dans l’inconnu, du non savoir comme disent les bouddhistes. Entrer dans quelque chose que je ne connaisse pas, où je suis curieux, où je ne suis pas de quelque manière celui qui sait, et qui rencontre quelqu’un qui est plus grand que moi. Finalement c’est bien Dieu que je rencontre, que je ne peux pas enfermer dans ma pensée, et en présence de cet être humain, entrer dans quelque chose de nouveau, c’est ça l’incarnation, là je deviens humain.

K.D Dans la rencontre avec celui qui ne se laisse pas planifier à l’avance ?

C.H. Exactement ! Ce qui ne se planifie pas. Et nous faisons d’ailleurs des exercices spirituels et des cours plusieurs fois par année dans lesquels nous allons dans cette optique, nous appelons cela « retirer ses chaussures ». Les chaussures comme symbole de ce qui nous protège de notre environnement, où nous nous détachons. Que nous retirions ces chaussures une seule fois et le monde nous apparaît subitement tout autre !

K.D Chercher de telles rencontres, chercher l’imprévu, cela trouve une application très concrète que vous appelez : « exercices spirituels dans la rue ». Donc c’est une rencontre avec la foi justement pas dans n’importe quel bureau climatisé, pas non plus dans une quelconque église, mais au contraire dans la rue. Qu’est-ce qui se cache là-derrière, qu’est-ce que c’est pour une cérémonie ?

C.H. A ce sujet nous avons histoire de la Bible juive. Moïse, un berger qui gardait des moutons dans le désert, a remarqué au milieu de son travail un phénomène qui l’a étonné. Il décrit cela ainsi, un buisson d’épines qui brûlait, mais ne se consumait pas. Aujourd’hui, avec le recul, nous pouvons dire que c’est l’amour. L’amour brûle mais ne se consume pas. Il se rend auprès de ce buisson, devient curieux, et alors une voix lui dit : retire tes sandales. Sens la terre sur laquelle tu te trouve, car là quelqu’un veut te parler. Et c’est précisément là le conseil : allez sur les chemins, et voyez là où vos cœurs sont touchés, et vous devez rester.

K.D Il n’y a pas d’autres descriptions, d’autre aide ?

C.H. Non ! Il y a beaucoup d’histoires. Une femme est allée dans un hôpital, dans une clinique de femmes et elle s’est mise subitement à pleurer devant la fenêtre des nouveau-nés. Après coup dans le fond on remarque après deux ou trois fois : c’était le souvenir d’un enfant mort-né, il y a dix-huit ans, qui fut refoulé, et devait maintenant être guéri. Elle fut guérie de ce traumatisme en soi qu’elle avait toujours mis de côté. Ainsi chacun a sa propre histoire. Une se passe chez les drogués, une autre dans une mosquée, une encore dans une soupe populaire, où elle est non pas en tant qu’aide mais dans la file de ceux qui en ont besoin.

K.D Il ne s’agit donc pas de faire le bien, et par-là même de devenir soi-même meilleur ?

C.H. Exactement, je tiens cela pour de la déviation de la foi. Faire le bien ce n’est pas encore croire. Faire le bien c’est peut-être une conséquence de la foi, de l’incarnation, de cet état d’entrée en non connaissance, de se laisser surprendre. Mais ce n’est pas ce qui nous rend homme ; faire le bien c’est une action qui est importante pour les hommes, et c’est bien ainsi, mais ce n’est pas le coeur de l’incarnation.

K.D Et comment évite-t-on ensuite qu’une telle foi qui naisse, ne se replie seulement sur la seule personne et devienne quelque chose de personnel ?

C.H. Je vois cela de la manière suivante. On ne doit rien faire, mais on doit laisser la porte ouverte, on doit retirer ses sandales. Chacun a une image différente à travers laquelle il comprend vraiment la surprise qui arrive dans la vie. Je dois donc me mettre en route, et sentir de l’intérieur : où donc ? Et là où je vais les lieux sont d’une grande aide, simplement aller dans ces lieux, où je ne soupçonne peut-être pas toujours qu’ils sont un poste de secours dans ma vie. Par exemple s’asseoir avec des sans logis et remarquer quelle peur j’ai d’être sans logis, comme cela me bloque, et combien de décisions je prends par peur d’être sans abris, et ensuite en maîtrisant lentement cette peur, je peux justement mieux entendre comment Dieu veut me rencontrer, à travers ces personnes sans logement. Car c’est très clair, Jésus nous l’a expressément dit : « Vous m’avez donné à manger, à boire, un toit, vous m’avez visité alors que j’étais malade, en prison. Cette présence de Jésus ou de Dieu au milieu de nous est possible, nous devons nous mettre en route. Nous devons demander : Où est-ce donc que tu m’attends ?

K.D Y aurait-il quelque chose comme une spiritualité de la misère ?

C.H. Je crois que dans l’Évangile il est écrit : « bienheureux les pauvres » cela signifie pour moi tout au moins : bienheureux ceux qui devant Dieu ne font rien, comme s’ils étaient grands, qui peuvent maîtriser tous ces rôles, dont nous dépendons, et devant Dieu ne jouent pas rôle, mais sont simplement pauvres. Ça ne signifie pas seulement une pauvreté matérielle uniquement, qui peut bien sûr nous faire des obstacles, mais aussi toutes les autres choses dans lesquelles nous croyons être meilleurs que les autres. Tout cela ne compte pas pour la vie, pour Dieu devenu homme. Qui se met en chemin sur cette voie, qui se met sur la route de l’ouverture et de la pauvreté, celui ci se verra récompensé. C’est mon expérience tout au long de ma vie.

K.D Pourquoi y a-t-il si peu de représentant officiels de l’Église, si peu de prêtres, de curés qui sortent de l’Église, pour aller dans le monde vivant, dans le monde du travail des individus ?

C.H. C’est une question difficile, dans les autres pays il en va autrement. Cela tient à notre église avec sa richesse, ses impôts ecclésiastiques etc… C’est une tache aveugle des allemands. Dans l’Église universelle c’est déjà autrement, mais aussi dans la communauté dans laquelle je vis, beaucoup vont dehors, peut-être pas dans un travail manuel mais ils sortent et travaillent en différents endroits de la société, dans les écoles, pour les réfugiés, dans les prisons, parce que cela est très important de découvrir les gens qui sont là-bas. Où est le Christ, pas seulement dans une église, ou bien plus particulièrement pour les catholiques dans un tabernacle, qui est finalement une prison, mais Il est à découvrir dans la vie. Je ne dis pas qu’il n’est pas dans une église. Il n’y a pas de lieu où Dieu n’est pas, il faut donc ouvrir les yeux pour voir partout où chacune et chacun doit le découvrir.

K.D Noël comme temps de l’abondance extérieure est-ce un temps difficile pour vous ?

C.H. Il n’est plus si difficile, parce que je ne m’y frotte plus. Autrefois cela m’a plus énervé, mais j’aimerais mieux qu’on annule cette fête du 24 décembre, et que l’on fête le noël initial qui est le six janvier et qu’on toujours continué de fêter les Églises orientales. C’est à proprement dit le moment où Jésus est présent dans le temple, où Il devient public, où Il commence à agir socialement. J’espère que nous résisterons à cette tentation que nous avons eue au cours des 150 années passées dans l’économie de marché occidentale de retenir Jésus dans une mentalité de petite famille. Que nous le libérions, pour pouvoir le rencontrer librement. Parce que l’histoire de Noël, de l’incarnation de Dieu n’est pas le soutien à un ordre hôtelier exclusif, mais bien quelque chose qui est ouvert. Et donc, chaque personne que nous excluons, je pense, – je suis sûr – que nous excluons Jésus.

Traduction : J.-F. BOO avril 2006