Nos villes, d’un cœur brûlant.

Nos villes d'in coeur brülants (image)Un ouvrage du Père Christian Herwatz  sj

Numéro des Éditions Vie Chrétienne paru en Juillet 2015

Les Exercices spirituels, initiés par saint Ignace de Loyola, sont généralement pratiqués lors d’une retraite, à l’écart du cadre de vie habituel.
Le jésuite allemand Christian Herwartz a eu l’intuition originale qu’ils pouvaient également se vivre au cœur du monde, et en particulier, dans les rues de nos villes, pour peu que l’on tienne son regard et son esprit disponibles pour recevoir les signes de la présence de Dieu.
Il arrive alors que, tel Moïse au Buisson ardent, le retraitant découvre dans ces artères urbaines une Terre Sainte inattendue.
C’est cette expérience que retrace cet ouvrage polyphonique. Le Père Christian Herwartz sj et le frère Yves Stoesel sj y exposent les fondements, la méthode. Leur voix est rejointe par celles de pèlerins de la rue, en France, en Allemagne, au Brésil…, qui témoignent de la fécondité des Exercices spirituels dans la rue.

Nombre de pages : 144
Prix unitaire : 12.50 € TTC                       Pour l’acheter >>

Témoignage de Pierrette (Québec Nov 2014)

Ce matin-là, suivant l’invitation qui nous avait été faite, je me mets à marcher dans les rues étroites du quartier (Saint-Roch?). J’avance sans but précis, lentement, en priant l’Esprit-Saint de me guider là où Il le désire.Squat_Basse-Ville

Je remarque d’abord un homme, pauvrement vêtu, assis sur un banc du petit parc – en ce temps d’automne déjà froid; son regard fixe le sol. J’aurais aimé lui dire bonjour, mais je n’ose pas. Touchée de le voir là, seul et prostré, je prie le Seigneur d’être avec lui. Et je continue ma route. Un petit monument à la PAIX attire mon attention; je lis ce qui est gravé dans la pierre – essayant de le mémoriser. Je me prends à sourire de joie me souvenant qu’un jour, dans mon enfance, j’avais entendu au fond de mon cœur, comme la voix de Jésus me disant Lire la suite

Une journée de retraite dans la rue à Strasbourg ( du 1er au 3 mai 2015)

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Partir, pour une journée, à la recherche de Dieu dans la ville, prendre le risque de l’imprévu…
Faire l’expérience que Dieu se révèle à chacun
dans des lieux particuliers, à travers des rencontres singulières.

Public : Ouvert à tous

Quand : du vendredi 1er Mai 18h au dimanche 3 mai 12h

Où : Strasbourg, 27 rue des Juifs

Coût (hébergement, repas, animation) : (repas, animation) : 25 €
(hébergement sur place : apporter tapis de sol et sac de couchage.
Si nécessaire, possibilité de loger chez l’habitant)

Animation : Une équipe des exercices spirituels dans la rue
Organisé par le Réseau Ignatien de l’Est
Inscription et renseignements: reseau.ignatien.strasb@gmail.com

3 jours intenses à Québec

A l’écoute du buisson ardent au cœur du monde… et de soi-même.

Durant la fin de semaine du 20 – 23 juin 2914, 10 personnes, Photo1dont une famille avec ses deux enfants de 6 mois et 2 ans, ont logé dans les salles de catéchèse de l’Église Notre-Dame de Lévis pour y vivre des Exercices spirituels dans la rue. Concrètement, le matin les participants étaient envoyés avec des pistes de méditation et des textes de M. Delbrel dans les rues de Québec ou de Lévis. A leur retour le soir, après le souper, ils partageaient ensemble les fruits de leur journée. Ce furent trois jours intenses inspirés par la rencontre de Moïse au buisson ardent. Ainsi, comme Moïse au désert, en se laissant touché par ce qu’ils vivaient dans la rue, les participants ont été invités à trouver le buisson ardent qui brûlait dans leur cœur sans les conPhoto2su-mer. Faire ce détour, c’était sortir de ce qui est programmé à l’avance pour se laisser réordonner à l’essentiel. Ce buisson ardent devenait alors le signe que le lieu où ils se trouvaient dans les rues de Québec était leur Terre Sainte. Le lieu, pour eux, d’une rencontre en vérité au cœur du monde avec eux-même, les autres et/ou Dieu. Une rencontre de Dieu libératrice en passant par la Porte Sainte, du frère en osant aller prendre un repas à la soupe populaire de la Maison Mère-Mallet, ou de soi-même en se rendant attentif aux blessures et désirs profonds portés en soi. Sur ce chemin, les participants étaient encore invités à se défaire leurs sandales. Photo3C’était une manière de signifier qu’en ce lieu, en cette Terre Sainte, ils n’avaient plus besoin des nombreuses protections érigées dans leur vie telles que le besoin d’être continuellement dans l’action, le besoin de se sentir « spéciale », la fuite devant soi-même, etc. Enfin, cette Terre Sainte était le lieu d’où chaque participant pouvait faire monter le cri qu’il désirait adresser à Yahvé à l’exemple du cri du peuple hébreux en esclavage en Égypte. Le geste du lavement des pieds entre les participants est venu clore la démarche en signe d’action de grâce pour tous les dons reçus durant ces trois jours.

Témoignages

 » Les Exercices spirituels dans les rues de Québec auront un impact déterminant dans ma vie. Le moment et l’endroit où j’ai accompli cette démarche sont significatifs. Je me suis découverte avec mes forces et mes faiblesses. Le dosage parfait des interventions de notre accompagnateur Yves y a beaucoup contribué !  » Paule.

« Attirée par la spiritualité de Saint-Ignace, j’ai décidé de participer aux exercices spirituels dans la rue car le programme laisse beaucoup de place au silence et à la liberté intérieure. Mais en fait, j’ignorais totalement ce qui m’attendait : Apprendre à découvrir Dieu dans le quotidien; s’exercer à demeurer à l’écoute de Dieu qui se veut proche de chacun et chacune de nous. À travers nos partages, notre accompagnateur, Yves, savait par ses interventions ouvrir nos fenêtres intérieures encore plus grandes. Pourtant, ces fenêtres n’étaient jamais les mêmes d’une personne à l’autre. Ces fenêtres s’inséraient dans un parcours de vie et c’est dans ce parcours que la Lumière pénétrait. Une Lumière chaude, éclairante et apaisante qui modifie notre regard pour la vie.  Un peu comme le photographe qui  par son éclairage dévoile la beauté de ses images, cette Lumière dévoile la Beauté du quotidien.
Trois jours intenses d’exercices qui se font habituellement sur huit jours. Si intense, que je me demandais comment on pouvait suivre ainsi durant huit jours. Toutefois, sept jours plus tard, je souhaite qu’il me soit donné de vivre une session de huit jours.
Merci à Yves et merci à mes compagnes avec qui j’ai vécu la plus belle et la plus fructueuse retraite de ma vie. » Francine

Extraits de textes de Madeleine Delbrel qui ont accompagné les participants.

Le nouveau jour (M. Delbrel, Alcide, p. 97)
Un jour de plus commence.

Jésus en moi veut le vivre. Il ne s’est pas enfermé.
Il a marché parmi les hommes.
Avec moi il est parmi les hommes d’aujourd’hui.

Il va rencontrer
chacun de ceux qui entreront dans la maison,
chacun de ceux que je croiserai dans la rue,
d’autres riches que ceux de son temps,
d’autres pauvres,
d’autres savants et d’autres ignorants,
d’autres petits et d’autres vieillards,
d’autres saints et d’autres pécheurs,
d’autres valides et d’autres infirmes.
Tous seront ceux qu’il est venu chercher.
Chacun, celui qu’il est venu sauver.
A ceux qui me parleront,
il aura quelque chose à répondre;
A ceux qui manqueront,
il aura quelque chose à donner.
Chacun existera pour lui comme s’il était seul.
Dans le bruit il aura son silence à vivre.
Dans le tumulte, sa paix à mouvoir. […]

Tout sera permis dans le jour qui va venir,
tout sera permis et demandera que je dise oui.
Le monde où il me laisse pour y être avec moi
ne peut m’empêcher d’être avec Dieu;
comme un enfant porté sur les bras de sa mère
n’est pas moins avec elle
parce qu’elle marche dans la foule.

Partout où nous sommes (M. Delbrel, Alcide, p. 105)

La solitude, ô mon Dieu,
ce n’est pas que nous soyons seul,
c’est que vous soyez là,
car en face de vous tout devient mort
ou tout devient vous.

A quoi nous servirait d’aller au bout de la terre
pour trouver un désert ?
A quoi nous servirait d’entrer entre des murs
qui nous sépareraient du monde,
puisque vous n’y serez pas davantage
que dans ce fracas de machines,
que dans cette foule aux cent visages?

[…] La différence, elle n’abîme pas la solitude,
car ce qui les rend, ces vies humaines, plus visibles
aux yeux de notre âme, plus présentes,
c’est cette communication qu’elles ont de vous,
c’est leur prodigieuse ressemblance
au seul qui soit.
C’est comme une frange de vous et cette frange
ne blesse pas la solitude.

Savoir une seule fois dans la vie que seul vous êtes !
Avoir une seule fois rencontré
– et cela, peut-être, dans un véritable désert –
le buisson qui brûlait sans se détruire ;
le buisson de celui qui a instauré en nous
et pour toujours
la solitude.

Moïse, quand il l’a une seule fois rencontré,
l’ineffable buisson,
a pu revenir chez les hommes
portant en lui un inaltérable désert.
Ainsi de nous,
ne reprochons pas au monde,
ne reprochons pas à la vie
de voiler pour nous la face de Dieu.
Cette face, trouvons-la,
c’est elle qui voilera,
qui absorbera toutes choses.

[…] Qu’importe notre lieu dans le monde,
qu’importe s’il est peuplé ou dépeuplé,
partout nous sommes « Dieu avec nous »,
partout nous sommes des Emmanuel.

Pauvreté de celui qui va (M. Delbrel, Alcide, p. 65)

Il ne peut pas ne pas aller,
celui que votre esprit lie à vous.
Nous nous imaginons toujours que pour aller,
il faut des routes, des étapes, des pays qui changent.
Or, votre voie, ce n’est pas ça.
C’est la vie, tout simplement.
La vie qui coule,
et dans laquelle nous allons
si nos amarres sont levées.

[…] A qui veut rencontrer à l’aise ces frères disparates
dont le monde est peuplé,
il faut une royale indifférence pour tout ce qui
n’est pas cette foi dénudée, essentielle,
qui lui fait perdre la mémoire et les goûts,
et sa propre originalité.
Cette foi qui nous rend banals
de cette grande banalité
que tous les saints ont acceptée,
et qui les a conduits jusqu’au bout de la terre.

Car c’est un prix exorbitant, le prix de la pauvreté.
Elle s’achète du sacrifice de tout ce qui n’est pas
le royaume des cieux.

Alors, nous trouverons
intéressant tout ce qui intéresse les autres,
et vertueux des héroïsmes
qui ne nous ont pas attirés,
et fraternels des gens
qui ne nous ont jamais ressemblé.

Alors, ceux qui nous rencontreront sur leur chemin
tendront des mains avides d’un trésor
qui jaillira de nous;
d’un trésor libéré de nos vases de terre,
de nos paniers bariolés,
de nos malles, de nos bagages,
d’un trésor simplement divin, qui sera à la mode
de tous,
car il aura cessé d’être habillé à notre mode.

Alors nous serons agiles et devenus à notre tour
des paraboles,
parabole de la perle unique,
minuscule, ronde et précieuse,
pour laquelle on a tout vendu.